C o m m e n t    l e    c o r p s    e s t    a t t e i n t


A f f i c h e r    le    Te x t e

E t a p e s    d e    C r é a t i o n

D i a p o r a m a (*)



Un    p r o j e t   de   la   C o m m u n a u t é   I n a v o u a b l e

t e x t e   e t   m i s e   e n   s c è n e   d e   C l y d e   C h a b o t






Photos Jean-Baptiste Droulers



Coproduction
Compagnie La Communauté inavouable, Office Artistique de la région Aquitaine, Service culturel de l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, Mouvement du 8 Octobre, Iddac, Spedidam, Le Hublot à Colombes et Confluences.
Avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre de ses accueils studio.
La Communauté inavouable est subventionnée par le Conseil Régional d'Ile de France. Elle est en résidence à Mains d'Oeuvres à St Ouen.
Le projet a bénéficié dans les étapes précédentes du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (Dicream),
du Forum - Scène conventionnée du Blanc Mesnil et du Festival 30" 30': rencontres du court.




Di s t r i b u t i o n




Photo Jean-Baptiste Droulers


N o t e   d ' i n t e n t i o n


Dans une scénographie épurée (régie vidéo à jardin, régie son au fond de la scène, projection d'une image vidéo de taille réduite sur le mur du fond, pôle médical face jardin, une chaise) les interprètes se détachent un à un du public.

Cela peut évoquer une réunion secrète face à une situation hostile extérieure connue de tous.

Certains se détachent du groupe pour prendre la parole, tenter quelque chose.
Les portes sont fermées à clef.

Une actrice prend la parole. Il est question d'atteintes faites au corps, d'un vide croissant, d'une prochaine bataille...

Chacun peut y reconnaître son combat intérieur, une critique politique ou sociale.

Le texte oscille sans cesse entre les extrêmes : chute et envol, abandon et persévérance active, considérations globales sur le cours du monde et sensations intimes.



Le spectacle interroge les formes d'engagement du théâtre et de l'individu face à l'état du monde: militantisme, nihilisme exacerbé ou écriture poétique du côté de la naissance ou la renaissance.

Il réunit sur le plateau cinq interprètes (acteurs, danseurs, chanteurs), un musicien (musique assistée par ordinateur et guitare), une vidéaste et un collectif de spectateurs préparés.

Le travail des interprètes et des spectateurs préparés est à la fois théâtral et chanté mais aussi chorégraphique grâce à l'intervention d'Isabelle Lasserre, chorégraphe.

Chacun peut régulièrement vérifier son état de fragilité ou de force vitale dans un pôle médical composé d'un stéthoscope et d'un tensiomètre amplifiés où les battements de coeur et les variations de la tension sont traduits visuellement en temps réel.

Les instruments de mesure médicaux peuvent apparaître comme le thermomètre de la fièvre qui détruit l'artiste autant qu'elle le constitue ou le baromètre d'un malaise social et d'un évidement politique dont le corps porterait les stigmates croissants.
Leur sens peut aussi s'inverser: ils témoignent alors d'une force de vie et de poésie.




Photo Jean-Baptiste Droulers



Alors que les possibilités d'un théâtre militant, incarné par un homme muni d'un porte-voix, qui semble vouloir rallier le public contre toutes les injustices et celles d'un théâtre nihiliste, incarné par une actrice qui chante sur des airs punk, sa vacuité politique comme celle de toute une génération, semblent invalidées, une issue se dessine du côté de la diminution, de l'obscurité et du silence, avant que le pôle médical ne révèle une piste insoupçonnée : repartir du plus petit battement, celui du coeur.

Dans le silence, une actrice s'approche du pôle médical.
Non seulement son coeur bat, mais les pulsations lumineuses blanches qui le visualisent, se colorisent jusqu'au rouge et s'animent d'une infinité de points en mouvement.

Cela peut évoquer qu'au-delà d'une tendance au renoncement, chacun est animé d'une force de vie, à partir de laquelle une renaissance est toujours possible.

C'est ce que tente la dernière partie du spectacle, plus abstraite, minimale et poétique, avant que la validité de l'entreprise ne soit une dernière fois remise en question avec humour et humilité.



Dans la création qui aura lieu à Bordeaux, peu à peu, outre les acteurs de l'équipe, les spectateurs préparés entreront sur scène.

Il s'agit là d'un groupe constitué, d'une classe d'étudiants situés dans une même tranche d'âge, vingt ans environ.

Regroupés, ils évoquent une génération à venir, au seuil de l'amour, du travail et de la société adulte, une génération politique aussi.

Ces étudiants arrivent après la bataille de l'intermittence, dans une situation presque absurde : ils finissent leurs études théâtrales alors que le contexte semble leur interdire l'accès à leur métier.

Nous tenterons avec le plus d'attention possible de traduire cette fragilité mais aussi leur force de vie, leur volonté et leur détermination.

L'entrée démultipliée d'acteurs et de spectateurs préparés devrait créer un trouble dans le public concernant l'identité des participants: qui est acteur et qui ne l'est pas ?




(*) Les photos du diaporama sont de
Emmanuel Rioufol et Hervé Bellamy:
www.1d-photo.org