Collaborations artistiques

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La communauté inavouable fait appel à des artistes invités dans le cadre de ses créations afin de croiser les regards, de multiplier les approches, de proposer aux interprètes différents appuis. Cela participe d’un mouvement d’accueil des autres au sein même de notre travail, mais aussi d’une exploration de la possibilité d’une certaine disparition de la position centrale du metteur en scène. Ce dernier est alors celui qui réunit une équipe dans un espace et sur un texte qu’il choisit et qui se retire, au moins sur un temps donné, permettant aux autres, apparemment, de travailler sans son intervention directe.

2011 : co-mise en scène de Hamlet-machine en Suède

Ayant découvert une passion commune depuis plus de dix ans avec la compagnie suédoise du Teater Maskinen pour cette pièce de Heiner Müller, Clyde Chabot a proposé au directeur de cette compagnie, Jonas Engman, de mettre en scène cette pièce avec lui dans le décor de l’installation Un Musée (de théâtre), installation participative inspirée de cette pièce qui sera présentée dans ce théâtre.

 

2011 Sicilia: Stéphane Olry, regard extérieur

J’invite l’auteur et metteur en scène Stéphane Olry à m’accompagner comme regard extérieur sur la création de Sicilia. Il s’élabore avec lui depuis plusieurs années une attention réciproque. Je l’ai notamment invité à prendre part au n°184 de Théâtre / Public Théâtre contemporain : écriture textuelle, écriture scénique et il est intervenu à mon invitation en 2007 et 2008 à l’Université de Bordeaux 3. Il a lui-même réalisé des spectacles autobiographiques. Certains m’avaient particulièrement touchée, notamment La Vita Alessandrina dans lequel il interroge ses origines byzantines et La Chambre noire où il dévoile le legs familial dont il a hérité. Ma propre recherche archéologique familiale fait écho à sa propre démarche. Qu’il s’agisse de la reconstruction d’une histoire familiale banale à partir d’une collection de cartes postales réelles, de la narration d’un projet de création de sa conception aux étapes de sa réalisation, de la gestion sur le plateau de documents divers reçus réellement en héritage par Stéphane Olry de son grand-père, de l’évocation de la fièvre qui emporte les supporters de Saint Etienne depuis l’historique match du Mercredi 12 mai 1976, à chaque fois, leurs projets s’inscrivent dans un lieu, une histoire et retracent le parcours qui les a amenés jusqu’aux spectateurs le soir de la représentation.

2010 Médée(s) : Faustin Linyekula, regard extérieur

Faustin Linyekula est un artiste visionnaire. Il développe dans ses spectacles une critique récurrente des rapports de néo-colonialisation à l’œuvre aujourd’hui en Afrique et il est l’un des rares à le faire. Surtout, il est novateur par le lien qu’il propose entre des thématiques populaires artistiques et sociales congolaises (salsa, sacrifice, danse rituelle, danse en cercle, repas…)  et des esthétiques très contemporaines, en relation sensible avec le continent africain (présence de terre rouge sur le plateau, costumes bouffants réalisés en sacs plastiques TATI…).

Je l’ai invité comme dramaturge autant que comme chorégraphe sur la création finale de “2010 Médée(s)”. La problématique de Médée étant proche de celle de Bérénice sur laquelle il était engagé à la Comédie Française et au Congo, sa présence était d’autant plus évidente. Il a su accueillir l’état de notre travail, en cours depuis plus de deux ans, tout en conduisant les acteurs vers une prise de conscience plus grande de leur présence, en étirant au maximum les distances entre eux sur le plateau, en permettant aux trois couples du spectacle d’être plus reliés entre eux. Il a introduit deux scènes plus chorégraphiques et abstraites dans lesquelles les interprètes perdaient leur identité fictionnelle pour devenir des silhouettes anonymes prises dans des trajectoires aléatoires, s’arrêtant un instant face à un autre, avant de repartir dans le tumulte des mouvements. Comme dans la vie, deux personnes restant parfois un moment ensemble, avant de replonger dans une solitude agitée.

Clyde Chabot

2009 : Gilone Brun, scénographie et collaboration à la mise en scène

Gilone Brun est plus qu’une scénographe. La scénographie, dans sa démarche, est une création à part entière car elle induit la mise en scène. Ainsi dans 2010 Médée(s), elle a proposé que la scénographie précédemment frontale devienne quadrifrontale. Et que la terre et les accessoires initialement utilisés (enfant symbolisé par un poupon, boule métallique de Médée magicienne et un phallus en argile représentant l’identité sexuelle attribuée à la femme) soient supprimés. Ils ont été remplacés par quatre draps au sol, symbolisant d’abord le lit abandonné par Jason avant de devenir, lorsqu’ils sont revêtus par les actrices, les habits de Médée redevenue figure de l’Antiquité.

2008 : Alain Béhar, Frédéric Ferrer et Jean-Paul Quéinnec

Tous trois, auteurs des textes commandés par Clyde Chabot dans le cadre de sa coordination du n° 184 de Théâtre / Public, Théâtre contemporain : écriture textuelle / écriture scénique et mis en scène par cette dernière sont intervenus chacun durant une semaine pour infiltrer sa mise en scène de leur écriture scénique.

2001 : Le chorégraphe kenyan Opiyo Okach et le dramaturge burkinabè Ildevert Méda ont été invités comme collaborateurs artistiques de Clyde Chabot sur la création franco-burkinabè : Face à face ou la nuit des corps de Yan Allegret.