Ecouter l'interview de Clyde Chabot, Yan Allegret, Michaël Grebil et Dakiswendé Denise Nikiéma
le 30 Juin à 21h, sur France Culture, dans l'émision  d'Arnaud Laporte "Culture +, Multipistes l'Hebdo"

(durée 1heure)     format mp3   

Diaporama   

Photos: Aliénor de Mézamat, Camille Adam.

L e    c o r p s    d e s    r i v i è r e s 

d e     Y a n    A L L E G R ET 

C o n c e p t i o n    e t    m i s e    e n    s c è n e   

d e    C l y d e    C H A B O T 

C r é a t i o n    a u    T h é â t r e    d u    C o l o m b i e r    à    B a g n o l e t

du 3 au 13 juillet 2005  (relâche le jeudi) à 20 h 30, le dimanche à 17 h

Plein tarif : 13 euros, tarif réduit : 9 euros
Réservation : 01 43 60 72 81




Une rencontre sur scène entre un auteur, un musicien, un metteur en scène français,
une actrice burkinabè et les spectateurs. Une confrontation entre deux cultures,
africaine et occidentale, du point de vue historique, sacré, intime et fantasmatique.

 


le corps des rivières



Le projet

Ce projet propose aux spectateurs d’intervenir à l’intérieur du dispositif scénique en expérimentant eux-mêmes le processus de l’écriture en réaction à un faisceau d’impulsions : panneaux de papiers blancs suspendus qui les invitent à écrire, jeu de l’actrice burkinabè, travail de l’auteur, présent sur le plateau et écrivant en direct sur un ordinateur vidéoprojeté, interventions sonores et musicales du musicien.
Cette expérience, partagée avec les spectateurs, vise à interroger l’énigme des liens qui relient historiquement et actuellement nos deux cultures africaine et occidentale : attraction et rejet, désir et déception, reconnaissance réciproque de sa part manquante chez l’autre et incompréhension radicale, exploitation et don. La confrontation à une autre culture nous renvoie une image inconnue de nous-même : elle révèle à chacun ce qui le fonde collectivement et qu’il ne peut découvrir que face à l’autre.



Un spectacle processus


Le corps des rivières est la 3e phase de création d’un projet entamé au Burkina Faso en 2001. Nous y avons créé "Face à face: la nuit des corps", spectacle qui questionnait l’état des relations entre l’Occident et l’Afrique en se positionnant au Sud. Au cours de la 2e étape, Ils tracèrent des chemins sans direction vers la nuit de leur corps, créée à la Ferme du Bonheur à Nanterre en 2003, l’un des acteurs burkinabè, Wendlassida Roger Ouedraogo, incarnait la voix du sang, composée pour lui par l’auteur Yan Allegret pour figurer les morts politiques. Les spectateurs, situés dans l’espace scénique, étaient déjà invités à écrire.




L'écrit d'un spectateur, octobre 2003






Création 2005


Dans cette troisième phase de création franco-burkinabè, nous poursuivons notre recherche concernant une implication personnelle des spectateurs qui le souhaitent et l’écriture en direct de l’auteur. Le metteur en scène accueille les spectateurs ; il resitue cette création par rapport aux étapes antérieures et les invite à intervenir. L’acteur Wendlassida Roger Ouedraogo est présent cette fois via la vidéo et sa voix enregistrée.
Au Burkina Faso, le spectacle s’achevait par la naissance d’un enfant conçu par deux déesses noire et blanche. En 2003, l’auteur, écrivait chaque soir en direct, la naissance d’une figure, féminine, en s’inspirant librement, pour dessiner ses contours, des écrits des spectateurs et de la photographie de l’actrice Dakiswendé Denise Nikièma. A partir de son visage et du travail réalisé avec elle au Burkina Faso, il a imaginé un être mythologique qui se dresserait avec grâce, nourri des paroles des autres. Cette figure cristallise, à l’heure de l’échec des utopies et de la victoire de la rationalité marchande, un certain désir d’ailleurs politique et de retour à une forme de sacralité. C’est elle, conçue au Burkina Faso et annoncée dans le précédent spectacle, que l’actrice burkinabè Dakiswendé Denise Nikièma, résidant à Ouagadougou, incarnera aujourd’hui sur scène. Elle jouera le texte, écrit pour elle par Yan Allegret, qui est une structure matricielle. L’auteur le complétera chaque soir, à partir des écrits des spectateurs, pour dessiner au présent les contours de sa figure.



DISTRIBUTION

Mise en scène : Clyde Chabot, Texte : Yan Allegret,
Assistanat mise en scène : Anne Sophie Juvénal
Jeu : Yan Allegret (auteur), Michaël Grebil (musicien), Wendlassida Roger Ouedraogo (en vidéo),
Denise Dakiswendé Nikièma
(actrice)
Scénographie : Annabel Vergne, Lumières : Juan Del Sol

Conseil chorégraphique : Marika Rizzi, Images Vidéo : Eric Angels, Paul Ramlot
Régie : Ricardo Lopez-Munoz, Administration : Dominique Le Floc’h
diffusion : Valérie Teboulle, Relations presse et public : Hélène Cagniard


Production : La Communauté inavouable en coréalisation avec le Théâtre du Colombier – Langajà Groupement de Bagnolet, avec le soutien de l’Office Artistique de la Région Aquitaine (OARA) et de la DRAC Ile de France (Aide à la production dramatique) ; Remerciements : Forum de Blanc-Mesnil / Scène conventionnée





Comment se rendre au Théatre du Colombier -Langajà Groupement - 20 rue M.A. Colombier 93170 Bagnolet

Métro: Galliéni (ligne 3). Prendre l'avenue Charles de Gaulle sur la gauche, puis tout droit jusqu'à la rue Sadi Carnot et au feu tourner à gauche.
Bus 76 ou 122: Arrêt Eglise  -  Bus  318: Arrêt M.A. Colombier
Voiture: sortir à Porte de Bagnolet , direction "centre ville, église", dans la rue Sadi Carnot, touner au feu à gauche

 

Le passeport de l'actrice





Un mot de l’auteur


Loin d’un gadget “ interactif ”, je pense que ce genre de dispositif pose la question de la poétique et du politique en même temps. Il propose une ré-inscription charnelle du spectateur dans l’œuvre. Et cela génère déjà la valeur à mes yeux. Alors oui, me mettre au service en tant qu’écrivain de cette recherche est une opportunité précieuse. Sans naïveté. Les spectateurs ne deviendront pas tout d’un coup écrivains et l’écrivain n’abandonnera pas sa subjectivité dans l’écriture. Simplement, un espace autre s’ouvrira, un espace incertain dont personne ne détiendra les clés et qui, l’espace de quelques heures, donnera droit de cité et d’action à l’altérité la plus radicale. Des inconnus chercheront ensemble dans un espace éphémère. Ce collectif ne saura pas. Il ne saura rien, si ce n’est le présent qui l’aura fait naître et son incandescence. C’est de là que viendra le théâtre.                                                                        
Yan Allegret - Octobre 2002



Clyde Chabot – metteur en scène et Yan Allegret - auteur


Clyde Chabot monte des textes d'auteurs contemporains (Pinget, Müller, Allegret) dans des formes qui impliquent le spectateur comme partenaire de jeu à part entière et qui réunissent différentes disciplines artistiques (musique, danse, vidéo, informatique). Elle collabore régulièrement avec Yan Allegret depuis 1997, date de création de Un peu de poussière de chair, la nuit à la Comédie de Caen. Elle a présenté Hamlet-machine de Heiner Müller notamment au Hublot à Colombes, à la Ménagerie de Verre, au Forum du Blanc Mesnil / Scène conventionnée, à la Comédie de Saint Etienne et au théâtre du Colombier - Langajà Groupement. Yan Allegret, auteur, acteur et metteur en scène monte ses propres textes depuis 1997 : Vermisse dich, Jouer du Piano ivre, Rachel, Projet Solo. Sa dernière pièce, Les Après-midi aveugles, est publiée aux Editions nouvelles en 2005.




Presse


"Il ne s'agit pas à proprement parler d'un spectacle mais plutôt d'une expérience aléatoire partagée entre auteur, interprètes et spectateurs. Voilà des années que la metteure en scène Clyde Chabot brouille les frontières entre scène et salle et multiplie les projets impliquant la présence active des spectateurs. Le corps des rivières est la dernière phase très convaincante d'un processus d'écriture en direct par l'auteur Yan Allegret entamé en 2001 au Burkina Faso, puisant son inspiration dans la confontation entre les deux cultures.
Nourrie des précédentes étapes,la représentation restitue différentes strates de mémoire qui se mêlent au présent de la représentation : le musicien Michaël Grébil répercute des éclats sonores enregistrés à Ouagadougou ; la vidéo renvoie le visage de l'acteur Roger Ouedraogo et le texte lui-même dans la continuité des précédents écrits, redonne voix aux cadavres dont l'histoire violente de l'Afrique est semée.
De fait la représentation semble comme habitée. Au milieu des spectateurs et des interprètes qui circulent pour inscrire une phrase sur d'immenses pages blanches tendues de haut en bas pour lire ou simplement pour changer de point de vue, passent ces ombres fascinantes auxquelles la poésie d'Allegret donne vie.

Maïa Bouteillet, Libération, samedi 9 et dimanche 10 juillet 2005


L’étrange ballet des mots, la danse des corps, les lumières tamisées, tout pousse à ce supplément d’attention.
 

Annick Rivoire, Libération, 2004 (Hamlet-machine virus de Heiner Müller)



Finalement ça fonctionne vraiment. Ca repose sur presque rien mais il y a des choses qui sortent : des interrogations sur le passé, l’histoire, la démocratie, sur le corps, la technologie. C’est un petit moment très dense. C’est un moment suspendu où finalement on est invité à la fois à sentir avec les autres, à être attentif à des petits riens et aussi à s’interroger sur nous, notre position.

Naly Gérard, Fréquence Paris Plurielle, 2003
(Ils tracèrent des chemins sans direction vers la nuit de leur corps de Yan Allegret)



Rien d'imposé, le spectateur peut être actif ou passif. S'il en ressent la nécessité, il se transforme en auteur (…) dans une altérité qui provoque des résonances et des échos inattendus.

Jean Cholet, Actualité de la scénographie, 2001 (Hamlet-Machine de Heiner Müller)



Les acteurs évoluent dans cette zone fluctuante avec un calme et une écoute extrêmes, solides sur leurs positions et parés à l'improvisation, libres de reprendre ou non les propositions des spectateurs au vol. (…)Ils nous entraînent dans un théâtre-machine sensuel.                                   
 Maïa Bouteillet, Libération, 2001 (Hamlet-machine de Heiner Müller)