l a C o m m u n a u t é I n a v o u a b l e
L ' H Y P O T H E S E
Coproduction La Communauté Inavouable, Office Artistique de la Région Aquitaine, théâtre de la Cité
Internationale (Paris), théâtre du Point Aveugle
Molière Scène d'Aquitaine, Bordeaux (3 représentations), théâtre de la Cité Internationale (5 représentations),
Les 4 Saisons du Revest - Le Revest les eaux (1 représentation), théâtre Antoine Vitez, Aix en Provence (1
représentation), La Faïencerie à Creil (1 représentation)
En 1996-97, nous avons créé L'Hypothèse de Robert Pinget.
Ce texte interroge le désir de réussite
et la peur du ratage d'un auteur, Mortin. Il dévoile les dessous de l'écriture, ce que l'on ne devrait
pas montrer : les doutes, la solitude, l'impuissance de l'auteur. Et cela devient la matière même du
texte de Robert Pinget.
Au delà de l'impossible écriture, ce qui nous intéressait c'était l'impossible
théâtre.
Comment le spectacle peut-il montrer l'envers de la machine de la création théâtrale ?
Comment peut-il laisser transparaître le processus d'écriture avec ses soubresauts, ses errances,
l'attraction du vide, du silence ?
Nous avons inventés 4 personnages autour de l'auteur vieillissant.
Ils sont des prolongements
fantasmatiques de sa pensée, des doubles incarnés.
Dans notre lecture de L'Hypothèse, Mortin
voyait sa vie défiler en pointillés à travers le journal vidéo que nous lui avons inventé.
Fonctionnant
comme une enquête, le spectacle, images à l'appui, se resserre autour de lui. Les doubles et
l'enquêteur-vidéaste se fatiguent de l'écriture insuffisante de leur créateur. Ils l'abandonnent à sa
parole inutile et l'acculent à voir "défiler dans sa tête toutes les occasions perdues de se taire".
"Sur le texte de Pinget, la metteur en scène projette ses propres hypothèses de théâtre : montrer
tout à la fois le processus et le résultat, la représentation et ses à côtés, confronter les techniques
(vidéo, musique, gestuelle...). (...) Et parvient à tout faire entendre de Pinget, émotion comprise.
Pas si fréquent, quand tant de spectacles semblent en panne de nécessité, d'en voir un qui déborde
d'idées."
René Solis. Libération, 1er avril 1997