l a C o m m u n a u t é I n a v o u a b l e
U N P E U D E P O U S S I E R E D E C H A I R , L A N U I T  
Coproduction : Centre d'Art et d'essai de Mont Saint Aignan : résidence sur 2 ans, 7 représentations sur 1998
et 1999, Comédie de Caen - CDN de Normandie : résidence sur un an, 17 représentations sur 1998 et 99,
Office Artistique de la région Aquitaine
Créé sur deux ans en 1998-99, Un peu de poussière de chair, la nuit constitue un tournant
dans notre recherche.
Il s'est agi avec ce projet d'expérimenter une relation inédite au spectateur
et au spectacle.
Evolutif, le dispositif s'est construit et modifié au fur et à mesure des étapes de sa
création.
La soirée se déroulait en quatre temps.
Un petit musée du spectacle rassemblait des
traces des répétitions: enregistrements sonores, vidéos, photos, livres, peintures qui ont
directement ou indirectement nourri les répétitions, cette matière qui infiltre le spectacle, le
raconte, le traverse.
Ce parcours plongeait le spectateur dans l'univers de la création et lui
permettait de découvrir les fils qui s'étaient tressés pour construire le spectacle.
La soirée se poursuivait par ma mise en scène du texte La Chanson de la main de Yan Allegret.
Cette pièce retrace la vie d'un être fragile, sorte d'oiseau tombé du nid, et sa relation trouble avec
une femme, amante, mère ou sœur, on ne sait pas.
De nouvelles pistes de mise en scène ont été
explorées à chaque étape de création.
Dans un troisième temps, les spectateurs étaient conviés à proposer des directions de jeu sur
quelques extraits de la pièce. Un acteur, une musicienne, l'auteur et un vidéaste répondaient aux
propositions. Partant de sa position traditionnelle, le spectateur était invité à entrer dans la
machine théâtrale que nous avions imaginée pour lui et dont les portes s'ouvraient pour un
moment de partage et d'inventivité collective.
La soirée se terminait par une discussion avec les
spectateurs, moment essentiel de rencontres et d'écoute.
Il s'ébauche petit à petit un jeu inédit, qui n'a rien à voir avec un gadget interactif. (...) En
démontant méthodiquement le processus de la représentation, incluant l'avant et l'après, Clyde
Chabot explore une piste inattendue dans l'histoire du rapport scène salle.
Alain Dreyfus, Libération 18 février 1999