Ils tracèrent des chemins sans direction vers la nuit de leur corps (2003)

Projet France Burkina 2

Ce spectacle est la 2ème phase de création du projet entamé au Burkina Faso en 2001. Nous y avons créé Face à face: la nuit des corps qui questionnait l’état des relations entre l’Occident et l’Afrique, en se positionnant au Sud.

Les spectateurs sont invités à écrire sur des panneaux de papier blanc. Sont déjà présents dans l’espace un acteur burkinabè, Roger Ouedraogo, et un auteur français, Yan Allegret. L’acteur apparaît comme une représentation symbolique et lointaine de l’Afrique. Il est présent à travers des gestes rituels, des chants et un texte. L’auteur a écrit un texte pour l’acteur : La Voix du sang. Il s’agit d’une pièce poétique et politique qui fait référence à tous ceux qui sont morts pour une cause en Afrique et au-delà. Au présent, à partir des interventions des spectateurs, l’auteur écrit en direct, sur un ordinateur retransmis sur un écran, ce qui pourrait être la suite de la pièce ou son carnet de travail.

COPRODUCTION

La Communauté inavouable, Office artistique de la Région Aquitaine, La Ferme du Bonheur – Nanterre, Forum culturel du Blanc Mesnil

DISTRIBUTION

Texte : Yan Allegret
Mise en scène : Clyde Chabot
Scénographie : Annabel Vergne
Lumières : Juan Del Sol
Jeu : Yan Allegret, Wendlassida Roger Ouedraogo
Assitanat mise en scène : Emanuelle Danesi
Communication : Séverine Batier

 

 

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EXTRAIT DE TEXTE

Je suis mort.
Par mes plaies du sang a ruisselé et ruisselle encore. Je saigne encore. La terre est rouge près de moi.
En moi demeure le sang de beaucoup d’autres. Le sang d’un rêve. Le sang d’un peuple et par les huit plaies de mon corps qui est poussière à présent il gorge la terre.
Sous le sol des vivants je saigne encore.
Je suis mort. La terre est trempée près de mon cadavre. Mon sang continue de s’étendre.
Sous le sol des vivants, à travers les huit plaies de mon corps, le sang imprègne la terre. Il court comme une eau souterraine sous la ville. On dit qu’on ne peut pas arrêter l’eau. Le sang se mélange aux déchets, aux égouts. A tout ce que la ville abandonne. Il devient rivière.
La ville toute entière dort sur la terre qui dort sur un fleuve de sang.

EXTRAITS DE PRESSE

“Au-delà de l’expérience elle-même, sont interrogées deux cultures, deux théâtralités et la part méconnue de collectif qui nous détermine dans notre rapport à l’autre.
Nous sommes, spectateurs, activement impliqués. (…) Petit à petit, les corps se déplacent, se croisent pour aller lire, dire ou écrire. Un espace commun de paroles s’élabore au fil de cette circulation.(…)”

Maïa Bouteillet, Libération, 25 et 26 octobre 2003 +Voir article

“C’est la rencontre entre les Noirs et les Blancs qui marque le public lors de la création dans les trois villes du Burkina. Plus encore que le mélange des langues, la création d’un couple – une femme blanche et un homme noir – devient le symbole d’une rencontre désirée entre les continents et suscite des émotions fortes. “J’aurais voulu qu’ils se marient” dit un spectateur. Des personnages en quête de l’altérité comme miroir pour mieux cerner leur propre identité.”

Thomas Hahn, Cassandre, N°47. Mai-juin 2002