Une communauté inavouable, d'après “Le temps des garçons” (2011-2012)

Une Communauté Inavouable et Le Temps des garçons sont deux variations à partir du texte Les Temps des garçons.  Ce projet se situe après la rupture, après une grande histoire amoureuse, dans un nouveau temps qui s’ouvre : celui d’une reconquête de soi, de son désir, entre nouvelles tentatives amoureuses ou sensuelles et détachement, entre lucidité et légèreté. L’espace évoque un « Cercle des séparés anonymes »*. Les figures y revisitent sous l’œil de la caméra des tournants de leur vie amoureuse passée, les moments clés qui semblent avoir rendu impossible tout avenir affectif.

Depuis de nombreuses années, la compagnie travaille sur plusieurs versions d’une même pièce, réalisées avec des distributions partiellement différentes dans des contextes singuliers qui sont mis en jeu. Il ne s’agit pas de reprendre un projet mais de questionner à chaque étape sa nécessité intime pour les interprètes et de repenser librement l’espace et la dramaturgie.

Lire l'article de Mari-Mai Corbel

DISTRIBUTION

Texte et mise en scène : Clyde Chabot / Vidéo Muriel Habrard / Création sonore Johann Loiseau / Jeu Eric Antoine, Marc Bertin, Marc Duprez, Xavier Guerlin (guitare), Muriel Habrard, Anne-Sophie Juvénal, Aliénor de Mezamat

UNE COMMUNAUTÉ INAVOUABLE
Assistanat à la mise en scène Marc Duprez / Scénographie Anne-Sophie Turion / Lumière Grégoire De Lafond / Administration Delphine Naissant / Assistanat artistique & production Johanne Débat

LE TEMPS DES GARÇONS
Collaboration scénographique Magalie Lochon / Assistant à la mise en scène Marc Duprez / Lumières Pierre Zach

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UNE COMMUNAUTÉ INAVOUABLE

Création du 29 mars au 2 avril 2012 à la fabrique MC11 à Montreuil, d’après Le Temps des garçons de Clyde Chabot

Revivre une dernière fois le ou les moment(s) où sa vie affective a basculé… du conte de fées à la solitude, de l’ivresse à la conscience. Et grâce à l’aide d’une équipe technique, faire œuvre de ces moments et en garder la trace filmique. Télécharger ces vidéos sur un blog* ouvert à tous (acteurs, spectateurs, internautes) spécialement conçu à cette fin. Telle est la méthode proposée par La communauté inavouable aux acteurs-participants, réunis en cercle sur des chaises dans un climat de bienveillance. Pour leur permettre de se détacher de leurs blessures et d’envisager un nouvel avenir affectif.

Les spectateurs, qui peuvent témoigner de leurs propres vies sur le blog*, assistent à ces séances comme observateurs. Deux hommes et deux femmes vivent l’expérience sous leurs yeux, encadrés par un instigateur, une vidéaste, un créateur sonore et un éclairagiste. La communauté inavouable fête ses vingt ans cette année et retrouve ici ses principaux interprètes ainsi que les fondements de son écriture scénique : perturbation des rapports entre réel et fiction, acteurs et techniciens, corps et machines, tragédie et humour.

EXTRAIT DE TEXTE

Toi tu ne m’appelles plus
Tu oublies mon numéro de téléphone
Nous aurions pu réaliser une cérémonie d’adieu
Nous aurions pu effleurer nos sens encore au cas où
Nous aurions pu
Tu es rappelé à l’essentiel
Je ne souhaite pas être l’autre
Celle que l’on appelle au cas où
S’il reste un peu de temps, un créneau, entre deux rendez-vous
Je ne souhaite pas être celle qui prend juste le courant quand il passe
S’il passe
S’il pense à passer
Je ne souhaite pas cela
OPEN
Sur le champ
Sur le vif
Ici ou là
Dans cette ville ou là sur cette île ou là sur le continent dans la capitale
au quart de tour
OUI
Si

LE TEMPS DES GARÇONS

Créé en février 2011 à l’Atelier du Plateau à Paris, le spectacle a lieu en trois temps : captation de moments clés (re)vécus pour être enregistrés, projection de ces images qui ne sont plus que traces du passé puis ces dernières s’effacent peu à peu pour laisser place avec humour à un nouveau temps d’ouverture et, peut-être, à un nouvel amour.
 Sur le plateau quatre comédiens et deux comédiennes incarnent différentes facettes du masculin et du féminin. Ils se sont répartis eux-mêmes le texte au cours des répétitions. Chacun pouvant être victime ou bourreau du jeu amoureux. Les figures cheminent sous l’œil d’une vidéaste, d’un sonorisateur et d’un éclairagiste qui cherchent à capter au plus près leurs émotions. La machinerie explore à vue les plis/replis du coeur humain et de l’acteur faisant corps avec les mots. L’écriture est au coeur du dispositif. Un processus en cours… Et parfois s’élève une chanson d’amour… ou de désamour, réminiscence d’une mémoire collective.

Besoin d’écrire son histoire, de la mettre à distance, de s’en débarrasser ou de la célébrer… le dispositif évoque la sphère médiatique actuelle omniprésente dans laquelle les repères entre réel et jeu de l’écriture, privé et public sont troublés. En contrepoint réapparaît la nécessité du silence, d’un retour sur soi, sans écran, d’un lien à l’autre fragile dans le tremblement réel de deux peaux qui s’effleurent.

EXTRAITS DE PRESSE

“C’est comme un poème. Des mots, des phrases détachées et semées sous le haut plafond de l’Atelier du Plateau. Clyde Chabot, auteur et metteur en scène, exploratrice des possibilités poétiques et politiques d’un théâtre éminemment contemporain, redistribue les cartes des sentiments pour inventer de nouveaux instantanés d’histoires amoureuses. « T’es où ? », la question revient comme un refrain, une demande d’amour en suspens, l’attente avouée de l’autre… Dans les différents hiatus entre l’homme et la femme, Clyde Chabot nourrit une poésie de l’incompréhension, de l’étreinte éphémère, des espoirs déçus, de la rupture annoncée… Le temps est divisé. La parole morcelée. Les images diffractées (les comédiens se démultiplient sur les murs-écrans). « Le Temps des garçons » est un écrin, un temps de théâtre à l’équilibre délicat, un état des lieux de l’intime, pluriel et mouvant, une étape dans un cheminement d’écriture, la métamorphose poétique de ce qui nous lie et nous délie…”

Marie Plantin, avril 2011