Médée(s) : tragi-comédie (2007-2013)

“Jason a quitté Médée. Médée tue leurs enfants, il y a 2000 ans. Aujourd’hui.”

Médée(s) : tragi-comédie est une revisitation contemporaine de la figure de Médée dans la société actuelle. A l’heure où les couples se séparent souvent, que devient l’enfant né de l’union ? C’est aussi une invitation au jeu de l’écriture face à l’effroi.

Jason a quitté Médée pour une autre, pour son avancement personnel, pour séduire sans fin ou, simplement, pour pouvoir à nouveau dire « je ». Médée, aujourd’hui, écrit son histoire banale et quotidienne comme une épopée antique et tragique. Elle revient sur ce qui a eu lieu et cherche à dénouer les fils de l’amour et du désamour.

Il ne s’agit pas de raconter une nouvelle version du mythe mais d’explorer le continent amoureux comme révélateur de l’être intime, avec toutes ses facettes, des plus avouables aux plus inavouables.

Médée(s) a été en constante réinvention entre 2007 et 2013, adaptée en plusieurs Variations. Ces dernières sont des explorations partielles ou globales du texte dans différents contextes qui sont mis en jeu. Les distributions sont à géométries variables de un à huit interprètes.

Les dernières Variations étaient internationales et mettaient en scène la rencontre d’une ou plusieurs Médée(s) françaises et étrangères.

DISTRIBUTION

Texte & Mise en scène : Clyde Chabot

+ Voir toutes les dates

VARIATIONS

EXTRAIT DE TEXTE

Chaque jour avec lui je l’ai vécu comme le premier
Le dernier
Chaque jour un accomplissement
D’un lien improbable
Impossible
Héroïque
Il fallait échapper au vent, à l’étoile, au sourire, à la chute.
“Mais c’est plus fort que lui. Fallait qu’il la mette à l’eau son histoire, même si elle était toute fine et toute pourrie, fallait qu’il la jette à l’eau, dans la boue, le marais.
Ce lien ne s’est-il nourri que de sa destruction, de trahisons organiques, de souffles
désorientés, de concurrences sanguines
De baisers ou de morsures”

EXTRAITS DE PRESSE

“… La metteur en scène et fondatrice de la Communauté Inavouable a tracé dans l’encre indélébile des mots une géographie féminine de la douleur, sensible et sans cliché, une cartographie de la séparation, écartelée et contradictoire, entre douceur et violence, tragique et grotesque, profondeur et trivialité. Il y a chez sa Médée une détermination infaillible à vouloir comprendre, à interroger les hommes et le monde, à opposer la parole civilisatrice et libératrice à la barbarie avilissante qui ne connaît plus de mots. Clyde Chabot réinvente à sa façon le mythe, se l’approprie et nous le rend, toujours actuel et dérangeant, désespérément universel et intemporel…”

spectacle.premiere.fr

“Cette Médée n’et plus une sorcière ou une magicienne, ni la meurtrière vengeresse de ses propres enfants. Elle est la femme quittée. Parce que l’amour ne dure pas toujours, parce qu’elle est du côté du nid qui emprisonne l’homme et ses désirs vagabonds. Parce que l’homme aurait besoin de se retremper dans la séduction pour se sentir homme…

Voici une Médée multiple : elles sont trois, face à deux Jason. La création du spectacle aussi est multiple : Elle s’est faite en tranches de millefeuille, chaque étape apportant une sensibilité particulière…”

Christine Friedel, Theâtre du blog, 9 avril 2010 + Voir l’article

“Another medea propose une relecture contemporaine de la figure de Médée qui repousse les frontières du mythe jusqu’en Orient. Laissant de côté l’origine divine de Médée, la pièce met en avant sa féminité dans ce qu’elle a de plus humain. La femme sorcière, fille des dieux, n’est ici comprise que comme l’étrangère, celle de l’homme qui l’a aimé.”

lesouffleur.net

“La metteur en scène anime depuis 2OO6 un laboratoire théâtral qui mélange les genres, cultive l’inachevé, se soucie de la parole des spectateurs, mêle le réel et la fiction. Son Médée(s) a évolué selon les lieux où il a été donné (appartement, cour d’immeuble, salle de réunion…). A la ferme du Bonheur, il prend une forme sinon définitive, du moins cadrée, avec les spectateurs répartis en carré autour d’une vaste air de jeux. Clyde Chabot a le goût des reflets: sa Médée est plurielle, ses Jason aussi, figures potentielles d’une tragi- comédie contemporaine. Où se détache, plus que la mère infanticide, la femme abandonnée qui refuse la fin de l’amour.“

René Solis, Libération, Jeudi 8 avril 2010 + Voir l’article