DES AVEUGLES

Dans ce spectacle, inspiré du texte de Maurice Maeterlinck et de l’œuvre de Fujiko Nakaya, des enfants sont perdus dans la forêt, la nuit. On entend leurs voix, inquiètes ou pleines d’espoir. Elles appellent notre part d’enfance.

Cette création plonge le public, assis sur des rondins de bois, au cœur de la poésie de Maurice Maetertlinck. Les brouillards de Fujiko Nakaya font apparaître le paysage, donnant matière aux esprits des enfants – peut-être disparus dans cette forêt -, troublant la vue des spectateurs, ouvrant les portes de leur imaginaire. Le musicien dessine des paysages sonores, extérieurs et intérieurs, et orchestre les voix des enfants et adolescents. La danse donne corps au vent, à la neige, à l’eau, aux étoiles, à la peur et l’appétit de vivre aujourd’hui…

Est ce du théâtre ? Une performance ? Une expérience sensorielle ?

DISTRIBUTION

Texte, mise en scène et jeu : Clyde Chabot
Auteur : Maurice Maeterlinck
Sculpture de brouillard : Fujiko Nakaya
Réalisation des brouillards : Eric Dufour (Dutrie Fog System)
Scénographie, costume : Gilone Brun
Lumières : Yves Godin
Création sonore : Michaël Liberg
Chorégraphie et danse : Malika Djardi
Regard dramaturgique : Laurence De La Fuente
Régie générale : Jérémie Féret
Assistanat à la mise en scène : Sarah Marchais
Enregistrement et montage des voix : Léo Duquesne
Remerciements aux enfants qui ont prêté leurs voix : Ysé Allegret, Emile Guerlin, Lydia Leblanc, Saens Narfin, Gustave Parent, Josef Parent, Carla Poully.

AGENDA

DOSSIER ARTISTIQUE
FICHE TECHNIQUE

EXTRAIT DE TEXTE

Je commence à comprendre où nous sommes… La maison est de l’autre côté du grand fleuve ; nous avons passé le vieux pont. Il nous a conduits au nord de l’île. Nous ne sommes pas loin du fleuve, et peut-être l’entendrions-nous si nous écoutions un moment… Il faudrait aller jusqu’au bord de l’eau s’il ne revenait pas… Il y passe, jour et nuit, de grands navires et les matelots nous apercevront sur les rives. Il se peut que nous soyons dans la forêt qui entoure le phare ; mais je n’en connais pas l’issue. Quelqu’un veut-il me suivre ?

Restons assis. Attendons, attendons ; on ne connaît pas la direction du grand fleuve, et il y a des marais tout autour de la maison. Attendons, attendons… Il reviendra ; il faut qu’il revienne !

Quelqu’un de nous est-il né dans l’île ?

Vous savez bien que nous venons d’ailleurs.

Nous venons de l’autre côté de la mer.

 

EXTRAITS DE PRESSE

Dans l’adaptation de la metteure en scène Clyde Chabot, le public entend des voix d’enfants depuis le off. Seule Malika Djardi apparaît en chair et en os. Le besoin d’assistance se déplace de l’absence de vision vers le manque d’expérience. Alors, quel Aveugles? Les enfants représentent l’espoir d’une vie concrète et terrestre, nettement moins symbolique que chez Maeterlinck. Leur perdition est donc nettement plus tragique, au sens profane du terme. (…)
La mise en scène ne livre aucune interprétation univoque ou logique de la présence para-humaine dans cette forêt nocturne. Djardi incarne les forces de la nature autant que des catégories allégoriques, selon la disposition de chaque spectateur. Celle qui a impressionnée avec sa rigueur et fraîcheur dans Sa Prière, livre ici une autre facette de sa personnalité chorégraphique, toute aussi convaincante.

Thomas Hahn, Danser canal historique, 2016