SICILIA

« Sicilia est un texte autobiographique, le monologue d’une voix qui tente de recoller les morceaux d’un passé familial presque perdu à partir de noms presque oubliés, de famille, de villes et de villages : Palerme, Messine, Agrigente… Le  carnet de bord d’un voyage que j’ai entrepris sur les traces de ma famille maternelle, de mes grands-parents, mes arrières-grands-parents, mes arrières-arrières-grands-parents qui, un jour, ont décidé de quitter la terre de leurs origines « la Sicile » pour la Tunisie puis la France. Vers un avenir meilleur ou espéré comme tel. Remonter le fil du temps, des origines à maintenant, comme pour refonder sa propre identité à travers ces questions :  Qui étaient-ils ? que reste-il d’eux ? De quelles traditions archaïques ai-je hérité inconsciemment ?

Il reste peu de chose d’eux, de ces événements, effacés de la mémoire familiale. Ce projet est une tentative d’assembler les morceaux épars de cette histoire, les quelques souvenirs et anecdotes qui m’ont été transmis, les informations recueillies au cours du voyage, augmentées de l’imaginaire. Ce dernier vient combler par moments les trous de la mémoire familiale. Au gré des lieux visités, la fiction vient relayer le réel. A travers ce travail, je voudrais aussi interroger la migration et ses conséquences. Qu’est-ce que cela représente de tout quitter ? De quitter la terre de ses origines ? La terre même que l’on cultive parfois, d’abandonner sa culture, sa langue pour mieux se confondre avec les autres dans un pays d’accueil. A l’heure où l’on polémique et légifère autour de la question de l’identité nationale, il s’agit ici d’interroger l’identité à travers le prisme de l’intime, d’une histoire personnelle et familiale qui rejoint celle de la constitution d’une société, d’un pays. Ceci pour redonner une dimension sensible à cette question.

Mon texte contient des noms qui correspondent, pour la plupart, au réel de mon histoire familiale. Aussi, cette fois, il me semble important de prendre le risque de faire corps avec mes mots. Replonger dans cette histoire à la fois banale et spécifique, qui rejoint le mouvement de l’Histoire de la France avec la décolonisation en 1958, le rapport aux Italiens, longtemps considérés comme des immigrés de sous-ordre. Occasion aussi d’une interrogation sur la vendetta, de ses traces qui peuvent subsister en moi et qui proviennent peut-être de mon origine sicilienne…»

Clyde Chabot

DISTRIBUTION

Texte, conception et jeu : Clyde Chabot
Regard extérieur et scénographie : Stéphane Olry
Production : La Communauté Inavouable
Editions : Les Cygnes

COVID-19

Sa scénographie permet d’accueillir aujourd’hui 30 spectateurs chacun à 1m de distance sur deux rangs en salle ou dans un jardin. Le protocole sera adapté en fonction de l’évolution contexte sanitaire.

AGENDA

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DOSSIER ARTISTIQUE
FICHE TECHNIQUE

EXTRAIT DE TEXTE

« Entreprendre le mouvement inverse. Reconstruire. Réunir. Tenter de.
Avec des bribes de mémoire transmises. Peu de choses.
Quelle est cette culture sicilienne dissoute sans laisser de traces ?
Qu’est-ce qui la constitue ?
Entreprendre un voyage non pas pour découvrir des territoires inconnus mais pour donner corps et espace à des noms de villes entendus depuis l’enfance : Palerme, Messine, Agrigente. Et ce nom de village ajouté par ma tante depuis : Cugnio qui serait le village originaire de mon grand-père.
         Pas de papiers pour vérifier cela. L’incendie chez elle a tout détruit. Toute trace. A moins qu’un document puisse encore être retrouvé ici ou là.
Se mélangent des noms de villes confirmés par des membres de la famille et d’autres qu’ils ne reconnaissent plus ou que j’ai adoptés.”

EXTRAITS DE PRESSE

« A la recherche du temps perdu, Clyde Chabot essaie de répondre au travers de ses interrogations à la question essentielle à laquelle chacun de nous est, un jour, immanquablement confronté : qu’est-ce qui fonde l’ « identité » des migrants que nous sommes ? Et sa quête, sensible et fine, est devenue la nôtre. »
Yves Kafka, Inferno-magazine.com, février 2013

« La mise en scène et le dispositif scénographique visent à une mise à nu, un théâtre de l’intime à la fois cérémonial et convivial. En bout de table, notre hôte : Clyde Chabot. A sa manière, délicate, pudique, à mi-chemin entre le dedans et le dehors, l’émotion tenue et l’humour jamais loin. »

Marie Plantin, Première.fr, octobre 2011

« A la fois invité, visiteur et spectateur, chacun sent une impalpable communauté poindre. Presque une fin de repas entre amis où quelqu’un révèle une histoire secrète. »

Mari-Mai Corbel, septembre 2011