Un Musée (de théâtre)

Un Musée (de théâtre) est une installation participative internationale théâtrale et photographique qui invite les visiteurs à réaliser leur portrait, en associant une photo d’un XXème siècle à nos jours vidéoprojetée et un ou plusieurs mots. Un photographe réalise leur portrait.

Ce projet s’inspire de la pièce de théâtre Hamlet-Machine de Heiner Müller. Cette pièce revisite l’histoire du XXème siècle et notamment celle du rêve communiste et de son effondrement. Elle trouve un écho très particulier à travers le temps et les différents continents que nous avons rencontrés. L’installation tente d’inscrire, le temps d’une photo, l’histoire individuelle de chacun dans la grande Histoire.

Dans chaque pays, des photographies représentatives de l’histoire et de la société du lieu d’accueil sont introduites dans l’album proposé aux visiteurs pour la réalisation de leurs portraits. Une répétition du texte dans la langue du pays d’accueil est enregistrée avec deux acteurs locaux et diffusée en voix off. Des performances sont réalisées par des artistes du pays d’accueil (performeurs, danseurs, acteurs, musiciens…) en collaboration avec Clyde Chabot pour interroger les résonances de la pièce Hamlet-machine sur place.

A la frontière du théâtre, de la danse et des arts visuels, cette installation invite les participants à révéler leur sensibilité, leur générosité et leur créativité.

Ce projet a été créé en 2003 au Schauspielhaus de Freiburg et présenté depuis sur plusieurs continents en France, Inde, Taïwan, Canada, Suède, Corée et au Cambodge. Des traces des éditions passées sont présentées dans l’installation : les portraits des visiteurs, les enregistrements sonores de la pièce de Müller dans les différentes langues, les performances réalisées dans le dispositif avec des artistes des pays visités. Ainsi les éditions se font écho à travers le monde, dessinant une sorte de cartographie sensible et politique à travers le monde.

DISTRIBUTION

Conception : Clyde Chabot
Conception Scénographie : Annabel Vergne

AGENDA

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FICHE TECHNIQUE

ÉDITIONS

EXTRAIT DE “HAMLET-MACHINE”, DE HEINER MÜLLER

« Des machinistes, à l’insu de l’interprète d’Hamlet, installent un réfrigérateur et trois postes de télévision. Bruit du réfrigérateur. Trois programmes sans le son.

Le décor est un monument. Il représente, agrandi cent fois, un personnage historique. La pétrification d’une espérance. Son nom est interchangeable. L’espérance ne s’est pas réalisée. Le monument gît sur le sol, renversé trois ans après les funérailles nationales de celui qui fut haï et vénéré par ses successeurs au pouvoir. La pierre est habitée. Dans les spacieux orifices du nez et des oreilles plis de la peau et de l’uniforme de la statue démolie s’est nichée la population pauvre de la métropole. A cette chute du monument après un temps convenable succède le soulèvement. Mon drame, s’il avait encore lieu, aurait lieu dans le temps du soulèvement. »

EXTRAITS DE PRESSE

“Parlant de sa collaboration avec Erich Wonder, Heiner Müller aimait dans le travail de ce dernier l’élaboration « d’espaces dans lesquels les textes reposent et peuvent travailler ». Or l’installation de Clyde Chabot relève davantage des arts plastiques, permettant de déployer une œuvre sur 3 dimensions, voire sur 4 puisqu’elle ne néglige pas le temps et en particulier l’exposition de la « cyclicité » de l’histoire chère à Heiner Müller.
Sophia Rieu, Action parallèle, 4 novembre 2017

“Une installation participative qui s’enrichit de son nomadisme perpétuel. Clyde Chabot l’a imaginée à partir de la pièce Hamlet-Machine d’Heiner Müller, réécriture libre de la pièce de Shakespeare à l’aune du XXème siècle et de ses heures sombres. Ainsi, l’oeuvre en mouvement sans cesse ré-exposée de Clyde Chabot agit-elle comme un palimpseste venant démultiplier le texte palimpseste de Müller.”
Marie Plantin, Pariscope, septembre 2017

“Dire que cette installation est interactive serait un euphémisme. Sans engagement total de la part des visiteurs, elle resterait lettre morte. Mais le risque est proche de zéro. Le principe est si limpide et stimulant qu’on n’hésite pas un instant pour se balader entre les bribes de texte disséminés au sol. Tous sont tirés de Hamlet Machine de Heiner Müller. Il suffit d’en choisir un ou plusieurs par lesquels on exprime quelque chose de son ressenti face à soi-même. A combiner avec une photo représentant le réel du monde actuel, pour s’y inscrire avec son corps et les citations choisies. On participe à la création d’une oeuvre collective (…) brillamment insérée dans un paysage humain, urbain ou fantaisiste.”
Thomas Hahn, Micro Cassandre, février 2010